
Cheminer à travers le yoga, est-ce aller vers quelque chose en plus ou en moins ? Vaste question !
Patañjali répond : « Yogaś citta vṛtti nirodhaḥ », autrement dit : le yoga c’est l’arrêt des mouvements intempestifs du mental.
Donc plutôt quelque chose en moins, qui nous permet de dévoiler notre Nature Profonde, véritable. Donc quelque chose en plus ? Non cette Nature Fondamentale a toujours été là, mais voilée par un ego qui se laisse répandre partout.
Un lecteur averti des yoga-sûtra nous dira que le 3e livre nous parle de réalisations, de « pouvoirs » acquis par une pratique de yoga. Des petits trucs en plus. Oui mais un lecteur encore plus averti nous dira que ce chapitre est ponctué de 3 aphorismes qui mettent en garde face à ces « pouvoirs ». La belle formule de Desikachar était de les voir comme des feux verts sur la route du yoga, mais on ne s’arrête pas à un feu vert pour le contempler, on continue notre route. Vers quoi ? Vers nos profondeurs. Et dedans un petit truc en plus ? Non, la paix inconditionnelle que nous sommes, qui a toujours été là. Que l’on retrouve.
Donc penchons plutôt pour ceci : le yoga c’est aller vers des petits trucs en moins. De plus en plus. On effeuille. D’abord en surface. Puis de plus en plus profond.
Qu’effeuille-t-on ? Notre ego, qui n’est autre qu’un amas de croyances qui ont fabriqué un « je suis ceci, cela, … » , au-dessus du pur « je suis ». Il ne s’agit pas de détruire l’ego, il est la magnifique énergie humaine pour que ce « je suis » manifeste sa joie d’être. Ce que l’on désencombre ce sont les croyances que nous ne sommes pas cette paix. Nous demandons juste à notre ego de se pousser un peu, pour revoir le soleil.
Donc le yoga, des petits trucs en moins, au rythme de notre chemin, pour revenir à la maison.
