(définition de l’Organisation Mondiale de la Santé)
sattva śuddhi saumanasya ekāgrya indriya jaya ātma darśana yogyatvāni ca
« La « propreté complète de soi» (śauca) permet un mental joyeux et capable d’être focalisé, soigne et entretient nos organes sensoriels, et révèle notre Vraie Nature spirituelle. »
Yoga-sûtra livre II-41
L’OMS ne néglige pas l’aspect intérieur dans sa définition de la santé. On parle d’une « santé mentale » et d’une « santé sociale ».
Amusons-nous à faire le parallèle avec le livre II des yoga-sûtra. On y parle de yama (relation aux autres) et niyama (relation à soi) comme premiers membres du yoga. La « santé sociale » pourrait se retrouver dans les yama.
Le premier des niyama est śauca, souvent traduit par « propreté » ou « pureté », dans ce qui incombe à quelqu’un engagé dans une démarche de yoga. Et ce sûtra 41 nous parle d’une propreté bien plus large que le corps.
Un mental joyeux (saumanasya) et capable d’être focalisé(ekāgrya) est signe d’une bonne santé intérieure. La pratique de l’attention dans le yoga permet cela. Un mental « dompté » permet de voir ses mécanismes automatiques, ses croyances, de les accueillir et peut-être les abandonner.
Suite du sûtra, une bonne santé de nos organes sensoriels (indriya jaya) est large dans le jargon du yoga, il s’agit à la fois de nos 5 sens mais également de sens d’action comme la marche, la procréation, ou la parole. Nous retrouvons donc ici aussi l’idée d’une bonne santé du corps physique et subtil.
Enfin, relevons que le yoga, à la différence de l’OMS, parle également d’une « santé spirituelle » à travers la vision de Soi (ātma darśana).C’est là la différence entre une pratique spirituelle et une pratique intellectuelle. La spiritualité cherche le dénouement, la guérison, dans plus grand que soi. C’est dans le silence de la méditation, dans la grande paix du cœur qui vient quand le mental se tait, que l’on trouve la « grande santé », c’est-à-dire la vision du Soi qui n’est jamais touché par la maladie physique ou mentale. La guérison spirituelle, c’est retrouver cet espace ouvert et plein, joyeux et paisible, inaltérable, et non-conditionné par l’extérieur. D’abord il semble qu’il faille aller à sa rencontre par des pratiques, mais progressivement laissons cet Espace venir à nous, baigner notre quotidien, nos paroles, nos actes, et incarner entièrement notre grandeur d’Être.
C’est ainsi que ces maîtres spirituels à l’article de la mort se disaient en parfaite santé, n’étant pas identifiés à leur corps malade, mais conscients d’être reliés à beaucoup plus grand que leurs corps.

